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Accueil du site > La Revue de Presse > Sarkozy a désarmé l’Etat contre la "racaille en col blanc".

Sarkozy a désarmé l’Etat contre la "racaille en col blanc".

vendredi 29 février 2008, par Ale [admin]

La France va traquer les fraudeurs du fisc. Enfin, c’est ce qu’elle dit. Car Sarkozy a désarmé l’administration en matière de lutte contre cette forme de délinquance extrêmement dangereuse pour les finances du pays. Il a fallu en effet que les Allemands révèlent un énorme scandale et l’affaire des fuites bancaires vers le Liechtenstein, douillet et princier paradis fiscal (identifié comme tel par l’OCDE), niché au creux des Alpes, pour que le gouvernement français daigne admettre que des Français sont aussi concernés. « Plusieurs centaines » indiquait, le 26 février, et sans s’étendre, Eric Woerth, ministre des comptes publics et du budget, en charge de la répression fiscale. La mauvaise grâce est manifeste

(...)

Une sanction nécessaire, ne serait-ce que pour la cohésion Mais au fait, qui a décidé d’un tel laxisme en matière de lutte contre la délinquance fiscale ? Renseignement prix, c’est …Nicolas Sarkozy. En 2004, alors ministre de l’Economie, des finances et du budget, il avait décidé de supprimer la rétribution des « aviseurs », (terme de la DGI pour « indics »). Orientation réaffirmée lors de sa visite en août 2007 à l’Université du Medef, lorsqu’il fustigeait les « lettres anonymes », avec un drôle de parallèle avec la période de l’Occupation… Selon le Syndicat national unifié des impôts, toujours en 2004, Nicolas Sarkozy a édicté une trentaine de règles tendant à « protéger » les contribuables, en fait à compliquer les contrôles, et à réduire les amendes des entreprises. Or les dégâts issus de la fraude fiscale sont considérables. On estime qu’elle représente une perte de recettes de 2 à 2,5% du PIB au niveau européen. Soit pour la France 35 à 50 milliards d’euros par an, l’équivalent du déficit du budget. Autant dire qu’avec une dette de 65% du PIB, aucun gouvernement ne peut négliger son devoir de répression. Retrouver les délinquants, les punir de façon exemplaire, leur faire acquitter leur part des « charges communes », comme le proclame la Déclaration des droits de l’homme, est indispensable à la cohésion de la société et à son avenir, au moins financier. On aurait pu penser que Nicolas Sarkozy y serait prêt. Mais c’est négliger le fait qu’à la différence de la lutte contre la délinquance de rue, s’en prendre aux fraudeurs de l’impôt, cela ne rapporte pas de voix aux élections, et que le locataire de l’Elysée doit son bail à une campagne ouvertement anti-fiscale. La lutte contre la fraude, c’est aussi de la politique !

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