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mardi 6 mai 2008, par Ale [admin]
C’est une catastrophe humanitaire sans précédent en Birmanie. Et pourtant, malgré un bilan provisoire de plus de 10 000 morts et certainement des centaines de milliers de sans-abri à travers le pays, la junte continue d’affirmer que le premier référendum constitutionnel depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 1988 se déroulera le 10 mai, comme prévu. Une obstination qui suscite de nombreuses questions sur les conditions dans lesquelles une telle consultation doit se dérouler. L’opposition en exil a déjà demandé son report, de même que Laura Bush, la femme du président américain, qui a accusé hier soir le régime d’avoir failli à sa mission d’alerter la population.
Le passage du cyclone Nargis ce week-end au Myanmar (ex-Birmanie) a fait plus de 350 morts et de très importants dégâts matériels. Photo : EFE
Le cyclone baptisé Nargis a dévasté le détroit de l’Irrawaddy, dans la nuit de vendredi à samedi, touchant même l’ancienne capitale Rangoun où plus de 300 habitants ont perdu la vie. La zone du delta de l’Irrawaddy et quatre autres régions ont été immédiatement décrétées zones sinistrées. La junte, dans un geste peu habituel, a réclamé l’aide internationale, preuve s’il en est de son incapacité à gérer une telle catastrophe. Plus de 50 centimètres d’eau sont tombés en quelques heures, des vagues de plus de 7 mètres de haut et des vents de près de 200 km/h se sont abattus sur le delta.
Grenier à riz. Selon les premiers témoignages recueillis et les déclarations du ministère des Affaires étrangères birman, le pays n’avait pas connu de telle catastrophe naturelle depuis plusieurs générations. Le tsunami de 2004 n’avait fait qu’un nombre restreint de victimes, bien moindre que cette catastrophe. Par exemple, la ville côtière de Labutta a vu 70 % de ses bâtiments détruits par Nargis.