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Les médias et le pouvoir

samedi 26 janvier 2008, par Ale [admin]

DOSSIER EN COURS DE RÉDACTION

Ce dossier pour dénoncer ou faire remarquer l’étrange attitude des médias en France vis à vis du pouvoir. Là, on prend le cas du président Sarkozy mais on aurait pu parler de Mitterand et les médias. Qui avait, lui aussi une relation aux médias plus que suspecte. L’avantage avec le président actuel est qu’il est "déculpabilisé" et qu’il a au moins le mérite de mettre en plein jour ce qui a souvent exister dans l’ombre...

L’image de la France à l’étranger

Autant commencer par ce qui fait le plus mal question communication. Etait t’il saoul ou non ? L’Elysé dit que non et que c’est qu’il était essouflé...

Comment les médias français sont perçus de l’étranger

« La majorité de la presse est craintive, voire complice du président de la République, estime Lara Marlowe, correspondante de l’Irish Times, une semaine après la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Les questions de déontologie et d’éthique relatives aux fonctions du président sont souligné. Il tutoie les journalistes. A la Garden party de Rachida Dati, j’ai entendu des collègues le tutoyer aussi. Si le président de la République n’impose pas la distance nécessaire, c’est le devoir des journalistes de le faire. Dans la mesure où il est hyperactif, on est obligé de le suivre. On n’y échappe pas. Et je ne pense pas que la journée sans Sarkozy soit une solution... De même qu’on ne peut pas faire l’impasse sur sa vie privée. On l’a bien vu pendant la campagne électorale. Nous avions deux faux couples présidentiels. Les journalistes savaient que Ségolène Royal et François Hollande n’étaient plus ensemble, et que les retrouvailles de Nicolas Sarkozy et de sa femme étaient probablement factices. Ils ont donc joué la comédie... Est-ce que la presse a posé la question ? Non. On élude en permanence les vraies questions de déontologie et d’éthique. »

(...)

« Les questions gênantes n’ont pas été posées »

Katrin Bennold (International Herald Tribune). « Nicolas Sarkozy avait annoncé une rupture dans le style de l’exercice présidentiel. Et cette conférence de presse rompt avec le style de la monarchie présidentielle précédente, malgré le contexte d’hyper-présidence. Les journalistes n’auraient certainement pas posé les questions aussi personnelles à ses prédécesseurs… Dans le même temps, les questions n’ont pas été très difficiles sur l’agenda des réformes, qui est au cœur des interrogations. En France, il est rare que les questions gênantes soient librement posées à des conférences de presse. En Angleterre, la tradition inverse existe : celle de poser des questions difficiles tout le temps. C’est une dynamique très saine. Et les hommes politiques sont obligés de s’y soumettre. » Suite et source

Comment Sarkozy ridiculise un journaliste et comment ses collègues gloussent...

Remarquez l’attitude des autres journalistes qui se gloussent de la répartie du président. Alors que le patron de Libération à posé LA SEULE bonne question de la conférence de presse. Ils se sont glaussé par humour ou par lâcheté ? A vous de juger. Moi j’ai mon idée, personnellement.

Le réseau médiatique

D’abord, il y a Martin Bouygues, le plus proche de tous, son meilleur ami et, ça tombe bien, patron de TF1 (soit un tiers de l’audience télévisuelle). Mais il y a aussi Arnaud Lagardère, son « frère », patron du groupe qui abrite en son giron Europe 1, Paris Match, le JDD, etc. C’est sans compter avec Serge Dassault, déçu du chiraquisme, et propriétaire du Figaro, Bernard Arnault, le témoin de son mariage avec Cécilia, et propriétaire de la Tribune, ou encore François Pinault, propriétaire du Point avec qui Sarko partage entre autres la même passion du vélo. Et alors ? Tous ces patrons-actionnaires ont-ils le petit doigt sur la couture et peuvent-ils vraiment mettre leurs journalistes au garde-à-vous ? Pas si simple. Mais certains faits sont troublants. Suite et source

Martin Bouygues

Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues (Sipa)

Le directeur de l’information de TF1, Robert Namias, l’assure : l’amitié entre Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues, principal actionnaire de TF1, ne joue "en rien sur l’information". Tandis qu’Arnaud Montebourg criait à la "berslusconiation" du système médiatique français, Robert Namias a fait savoir lundi 19 février 2007 qu’il se sentait "blessé" par les attaques sur la proximité de TF1 avec le ministre de l’Intérieur et candidat UMP. "Les amitiés du principal actionnaire de TF1 avec Nicolas Sarkozy, que je respecte, ne me regardent pas. Elles ne jouent en rien sur l’information", a-t-il déclaré sur RMC. Robert Namias était interrogé au sujet de l’émission politique de lundi soir sur TF1, "J’ai une question à vous poser", dans laquelle Ségolène Royal, candidate du PS à la présidentielle, sera être interrogée par 100 Français. Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et Philippe de Villiers ont déjà été invités de l’émission.

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Arnaud Lagardère

Nicolas et Cécilia Sarkozy en compagnie d’Arnaud Lagardère lors du premier anniversaire de Match TV (Sipa)

C’est peu dire qu’Arnaud Lagardère assume son amitié avec Nicolas Sarkozy, son "frère" comme il l’a désigné lors d’un séminaire du groupe en 2005. Si la relation d’amitié remonte à loin, Arnaud Lagardère sera toujours reconnaissant à son ami, sitôt nommé ministre de l’Economie, de l’avoir aidé en 2004 à régler le difficile héritage de feu Jean-Luc Lagardère, rendu complexe par les démarches de la belle mère d’Arnaud. Depuis, l’homme d’affaires a affiché son soutien au candidat à la présidentielle en intervenant lors de l’un de ses meetings. suite et source

Vincent Bolloré

Serge d’Assault

Mardi matin, France Info s’était également étonné de cet édito dans le Figaro. Dans sa revue de presse, Sophie Parmentier affirmait :

"En 2008, en ce 1er janvier, en tout cas, Nicolas Sarkozy a trouvé un journal qui affiche au grand jour et plus que jamais son soutien. Ce matin, en première page du Figaro, un texte de quatre colonnes qui peut en étonner plus d’un. Il est signé Serge Dassault, le président du Figaro. Dassault adresse ses voeux à ses lectrices et ses lecteurs, et aussi à la France, la France qui, je le cite, "a choisi un président dynamique et courageux. Nos encouragements et notre appui l’accompagnent pour réformer un pays dont les habitudes ont besoin d’être changées. Il a déjà fait beaucoup en quelques mois. Mais une grande partie de nos concitoyens ne voient pas que le monde bouge. La France est encore paralysée par une lutte des classes toujours vivace qui épuise notre économie, ect, ect"... Le Figaro de 2008 va-t-il redevenir un journal d’opinion ? Ce matin la question peut se poser..." Source et suite

La télé sous influence

Coups de fil, conseils, pressions, et sans doute et aussi une bonne dose d’autocensure de la part des chaînes de peur de déplaire, l’ombre de Sarko plane sur les JT. La crise des banlieues de 2005 en est l’illustration toute spéciale. Novembre de cette année-là, 7 à 8 (TF1) saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon du directeur de l’information. Le dimanche suivant, l’émission contrebalance avec les interviews de maires de banlieues chaudes. Le 10 novembre, cette fois, c’est France 2 qui diffuse dans son JT les images du tabassage de jeunes par des policiers. Ceux-ci sont suspendus. Arlette Chabot décide d’ôter le reportage du site web de France 2 : « Nous ne voulions pas tomber dans la surenchère. » En août dernier, le ministre de l’Intérieur, invité à TF1 pour une interview, en profite pour passer un savon mémorable à un journaliste. La raison ? Un reportage sur les sans-papiers de Cachan, jugé trop complaisant. En juin 2005, quand Canal + songe à se débarrasser de Karl Zéro à la déontologie variable, Sarkozy appelle Bertrand Méheut, patron du groupe, pour l’en dissuader. Pour le coup, il n’est pas le seul, puisque Laurent Fabius s’est lui aussi fendu d’un coup de fil. Autre affaire : le 7 mars 2006, la veille d’un délicat voyage du ministre aux Antilles, TF1 annonce que le joker de PPDA sera désormais le journaliste noir et antillais Harry Roselmack. Un bien beau hasard n’arrivant jamais seul, Sarkozy est déjà au courant. Le 17 février, recevant Place Beauvau le club Averroes, qui défend l’image des minorités dans les médias, le ministre de l’Intérieur avait en effet annoncé la nouvelle : il y aura, cet été, un Noir au 20 heures. D’ici à ce que ce soit Sarkozy qui ait lui-même soufflé l’idée à Bouygues... Plus récemment, ainsi que le raconte cette semaine le Canard enchaîné, Claude Guéant, directeur de campagne de Sarkozy, a tenté de s’assurer auprès de Patrick de Carolis, président de France Télévisions, que les émissions de Georges-Marc Benhamou, récent soutien de l’UMP, seraient bien reconduites à la rentrée. Raté : Carolis l’a envoyé sur les roses. Mercredi dernier encore, lors de l’interview de Sarkozy sur TF1 par PPDA et François Bachy, un détail amusant : plusieurs plans ont montré que, sous la table, le candidat de l’UMP avait enlevé ses chaussures. Sarkozy en chaussettes ! Il se croit chez lui, ou quoi ? Suite et source

Licencié du Figaro pour ne pas avoir été pro-Sarkoziste

Avis de trois journalistes étrangers sur leurs collègues français

Trois journalistes, Vibeke Knoop Racheline, correspondante du quotidien norvégien Dagbladet, Paul Webster, journaliste pour les quotidiens britanniques The Guardian et The Observer et Massimo Nava, chef du bureau parisien des correspondants du quotidien italien Corriere della Sera, parlent de leurs homologues français et de leurs relations avec les hommes politiques, et émettent des critiques, parfois acerbes, sur leur comportement.

Peut-on parler de connivence ?

"Il me semble qu’il y a une grande connivence entre les hommes politiques et les médias en France". Vibeke Knoop Racheline n’y va pas avec le dos de la cuillère pour évoquer les rapports entre médias et politique dans le pays des droits de l’homme. La journaliste norvégienne souligne qu’"à l’heure actuelle, il y a une grande facilité pour les médias français de suivre ce que souhaite le gouvernement". Et de préciser : "Quand M. Sarkozy promulgue sa loi sur la sécurité, on voit plein de reportages sur la sécurité aussi bien dans l’audiovisuel que dans les journaux. Mais j’ai trouvé ça encore plus frappant lors de la campagne électorale".

(...)

Cette connivence serait due, selon elle, à un "problème d’autocensure" car "les journalistes français veulent avoir de bonnes relations avec les hommes qui gouvernent". Pour Paul Webster, "c’est peut-être plus une question de culture et de paresse que de connivence". En clair, le reporter britannique constate l’absence d’un journalisme d’investigation dans notre pays. Il évoque les nombreux scandales, révélés tardivement par la presse, qui rythmèrent l’actualité politique : "Il est difficile de croire que les grands journalistes n’avaient pas entendu des rumeurs sur ces sujets. Pourquoi les médias n’ont-ils pas tout de suite convoqué une équipe de journalistes pour enquêter d’une façon active ?" (...) Massimo Nava ne se pose pas tant de questions. Certes, il condamne "la fréquentation excessive avec les hommes politiques"mais n’utilise pas le terme de connivence qu’il juge "trop fort". (...)

Un problème propre à la France ?

Ces bonnes relations – le terme de connivence ne faisant pas l’unanimité – entre journalistes et hommes politiques français seraient-elles alors un problème spécifiquement national ? "Oui", répond sans hésiter Vibeke Knoop Racheline. Pour justifier son affirmation, la journaliste prend comme exemple la tentative d’assassinat contre le Président de la République, Jacques Chirac, le 14 juillet dernier : "Les journalistes qui l’ont interviewé après ne lui ont pas posé une seule question sur le sujet parce que le président ne le souhaitait pas. Je trouve quand même assez énorme que tant de représentants de grands médias français aient accepté de taire cette information". "Dans tous les pays, il y a une certaine connivence entre les journaux et les gouvernements", tempère Paul Webster. Cependant, le journaliste se demande s’il n’y a pas, en France, "une culture de révérence envers chaque gouvernement". (...) Vibeke Knoop Racheline explique la nature de ces rapports par le fait que journalistes et hommes politiques "sortent des mêmes écoles, qu’ils se connaissent, et que parfois ils se tutoient, et ça, je trouve que c’est très particulier à la France". (...). Paul Webster l’analyse d’une façon différente. Selon lui, une certaine soif du pouvoir en serait la raison : "Un Français qui vient de sortir de l’université et qui essaie de devenir rédacteur pour un journal veut avoir de l’influence, et pour l’obtenir il doit parler positivement du gouvernement".

Un danger pour la démocratie ?

La journaliste norvégienne et son homologue anglais dressent un constat identique : de telles relations peuvent "représenter un danger pour la démocratie". Vibeke Knoop Racheline précise qu’"il faut bien que chacun ait son rôle" mais constate qu’"en France, cette séparation n’est ni claire ni nette". Pour sa part, le correspondant britannique juge que "la démocratie souffre énormément" du fait que "des journalistes de la télé, de la radio et de la presse écrite soient seulement prêts à récolter les propos d’hommes politiques sans vraiment se méfier d’être manipulés". Seul Massimo Nava trouve exagéré d’utiliser un tel vocabulaire, même s’il considère que le "risque existe". (...) suite et source

Sarkozy fait la presse nationale

Quand le président de la République décide qui va reprendre les Echos

Vendredi soir, Palais de l’Elysée. En pleine semaine de grève, le président de la République reçoit le directeur de la rédaction Erik Izraelewicz des Echos, et quelques membres de la rédaction en chef du journal. Ceux-ci s’attendent à ce que le Président discute de la semaine sociale, du pouvoir d’achat...

Mais très vite, ce dernier met la discussion sur un terrain plus sensible, pour ses visiteurs : le rachat du premier quotidien économique français par le milliardaire Bernard Arnault, une opération contre laquelle ceux-ci se battent depuis le début de l’été.

Erik Izraelewicz (DR).Erik Izraelewicz et ses collègues n’en croient pas leurs oreilles. D’un ton cassant, Nicolas Sarkozy leur déclare qu’ils sont idiots de refuser le rachat, qui a été annoncé le 5 septembre : Bernard Arnault, leur explique le président, est un homme très bien, et "il va investir" dans leur journal...

Catherine Pégard, la conseillère de l’Elysée qui a organisé la rencontre, semble surprise du tour pris par la conversation. L’ex-journaliste politique au Point pensait sans doute également que le Président avait prévu d’échanger sur l’actualité économique et sociale.

Arnault, ami proche de Sarkozy (il a été son témoin de mariage) a déboursé 240 millions d’euros pour reprendre le titre économique au groupe britannique Pearson. Pour protester contre cette annonce, une large majorité de la rédaction avait voté la non-parution du quotidien (par 162 salariés contre 12 et 7 abstentions).

A la fin de l’entretien de vendredi soir, Nicolas Sarkozy lâche, sec :

"Et Nicolas Beytout ?"

Silence de mort des visiteurs, estomaqués. Beytout, directeur des rédactions au Figaro, était l’un des invités de la soirée de victoire au Fouquet’s, au soir du second tour de l’élection présidentielle. Pour Nicolas Sarkozy, Beytout, un journaliste, serait une garantie d’indépendance.

Rompant le silence, Sarkozy répète :

"Et Nicolas Beytout ?"

Nicolas Beytout (DR).C’est désormais officiel : le Président de la République annonce lui-même les nominations des patrons de presse ! Nicolas Beytout, actuellement directeur des rédactions du Figaro aurait négocié un poste plus large que celui de simple directeur de la rédaction des Echos (qu’il a déjà occupé) : il serait nommé à la tête du holding qui coiffe Les Echos, DI group ou d’une nouvelle structure nommée LVMH Médias.

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